Senin, 16 Januari 2012

World Cup Qualifying 1982 France Ireland Both Legs

First and Second Leg,
October 1980 and 1981

  Les Tricolores se retrouvent devant une tâche tres délicate : celle d'affronter, et de battre, cela va de soi, les conquérants du trèfle, c'est-à-dire les représentants de l'une des nations les plus ardentes du monde, la Verte Érin, l'Irlande libre. Nous avons personnellement une tendresse particulière pour les Irlandais, êtres un peu fous, fous de générosité, fous d'amitié, fous de tout. La seule évocation d'une histoire que racontait Joseph Kessel nous met en joie : « Un soir, trois hommes se battent dans une rue de Dublin. Un type ouvre sa fenêtre et leur crie : Attendez-moi, j'arrive!». Celle que raconte Jacques Carducci, notre confrère du rugby - le football, le football gaélique et le rugby sont de la même famille n'est pas mal non plus. Séduits par la personnalité de Ray McLoughlin, par son intelligence et par sa réussite à la tête de l'équipe d'Irlande, les journalistes de l'Irish Indépendant lui avaient demandé un article pour présenter le match Irlande-France de 1979. 

 Et cet homme respectable, féru de technique et de tactiques, avait conclu ainsi sa démonstration : « Avant tout, rentrez-leur dans le chou!». L'équipe de France s'attend donc surtout à un combat plutôt qu'à un débat classique. Elle n'oublie pas que les quatre précédents affrontements des années 1970 ne lui ont valu que trois points sur huit : 1-2 en 1972,1-1 en 1973,2-0 en 1976, 0-1 en 1977. Mais elle commet tout de même une erreur, celle de croire que les Irlandais en sont restés à la manière forte, celle du temps où l'on clouait lesgardiens adverses sur les poteaux ou au fond des filets. Johnny Giles, surnommé «le général » de Leeds, a fait évoluer considérablement le football de son pays au cours de son règne de quatre ans, lui apprenant les vertus du jeu court, l'art de la réflexion et le sens du rythme. 

 L'équipe d'Eire est ainsi devenue - et elle l'est restée sous la direction d'Eoin Hand, un technicien de trente-quatre ans - l'une des bonnes équipes d'Europe, plus à craindre pour son habileté que pour sa propension à « rentrer dans le chou ». D'ailleurs, au moment déjouer au Parc des Princes contre la France, l'Eire compte cinq points en trois matches éliminatoires de Coupe du Monde : elle a gagné à Chypre, chichement certes, mais réalistement (3-2); elle a battu la Hollande à Lansdowne Road (2-1 ) et y a concédé un point à la Belgique (1-1). Il ne peut être question de la prendre pardessus la jambe...

First Leg
28 October 80 
Parc des Princes,
Paris 
Referee Mr Castello
Attendance 44800


Michel Hidalgo, comme la plupart des sélectionneurs - il n'y a pas de sélectionneur heureux, pourrait dire la chanson a des soucis. Marius Trésor, passé de l'O.M. à Bordeaux, n'en a pas pour autant échappé à ses ennuis de santé : il est indisponible et on s'inquiète de son avenir de footballeur. Michel Platini s'est blessé au cours d'un entraînement avec les Verts et, s'il affirme qu'il sera rétabli à temps, il n'a pas joué à St-Mirren, en Coupe de l'U.E.F.A. Janvion, déplacé du poste d'arrière droit au poste d'arrière gauche, dans son club, en raison de l'arrivée de Battiston, s'offusque de ne plus être titulaire sous le numéro deux tricolore. Mais enfin, la sélection existe, la fréquentation du Parc des Princes (44800 spectateurs plus 1500 scolaires invités) en témoigne. Le choix du sélectionneur ne manque pas d'être discuté, cela aussi est son lot. Il a en effet rappelé Dominique Rocheteau, après un an d'absence, au poste d'ailier droit. Mais, dans l'intervalle, l'ex-Ange vert est devenu l'avant-centre de Paris-Saint-Germain, un avant-centre d'un style nouveau, virevoltant et inspiré, papillonnant au service de la collectivité. Peut-il se reconvertir instantanément en ailier de débordement ? « Je crois surtout au comportement général de l'équipe, répond Rocheteau. Le reste vient tout seul, naturellement. Compte tenu de l'évolution du football, le fait de glisser d'un poste à l'autre en attaque n'est pas très important. L'essentiel, c'est de bouger. A la limite, il me semble que même un poste d'ailiergauche ne me poserait pas de problèmes sérieux. » L'équipe de France est donc formée de Dropsy - Battiston, Specht, Lopez, Bossis -Larios, Tigana, Platini - Rocheteau, Lacombe, Six. Les Irlandais, eux, sont privés de Daly et de David O'Leary, ce qui n'est pas rien. Ils ont bien failli, d'ailleurs, être privés de tous leurs « Anglais » - ceux qui jouent en Football League - seul un ultimatum de l'Union Européenne ayant fait céder les puissants clubs. Pendant vingt minutes, les vingt premières, cette équipe de France fait battre la chamade au cœur du public. Elle joue à merveille, poursuivant sur sa lancée de Chypre, offrant le spectacle rare de la plénitude dans toutes les expressions du football. À la onzième minute, Tigana le superbe méduse Hughton, et son centre lobé trouve Platini au point de penalty : le héros de tant et tant de victoires prend tout son temps et ajuste Peyton, le gardien irlandais. Ainsi s'ouvre, pense-t-on, la voie d'un succès net, sinon large. Aurions-nous oublié, déjà, ce que sont onze Irlandais revêtus d'un maillot frappé du trèfle ? 

Peu à peu, le vent du match tourne, imperceptiblement d'abord, très nettement ensuite. Les Français ne sont pas moins bons techniquement, ni tactiquement. Mais les Irlandais mettent leur potentiel athlétique dans la balance, leur pression se fait vive, leurs attaques zèbrent le gazon d'éclairs. Plus rien, à l'évidence, ne va être simple pour ceux qui croyaient naïvement à une promenade chez les diables verts. Plus le temps passe et plus l'impression d'une équipe de France démunie, paralysée, hésitante, s'accentue. Douze minutes après la reprise (57e), c'est la douche froide sur le Parc des Princes : le grand Robinson, dont on dit qu'Eoin Hand l'a convoqué sur la recommandation de son coéquipier de Brighton, Lawrenson, sans l'avoir jamais vu jouer, Robinson donc, trompe Dropsy d'un tir lumineux. Ce but apparemment valable, et c'est la moindre des choses que de le reconnaître, signifie à ce moment-là la probabilité d'une élimination précoce de la Coupe du Monde pour l'équipe de France. Mais un juge de touche espagnol a levé son drapeau et M. Lamo Castillo, à la surprise générale, annule la réussite de Robinson. Il dira plus tard qu'il a vu une «main» de Stapleton. On pense alors à la frustration des Irlandais et on se souvient, en même temps qu'eux, qu'en novembre 1977, une tête victorieuse de Givens avait déjà été annulée (par l'arbitre yougoslave M. Maksimovic) pour un hors-jeu imaginaire. Eoin Hand ne manquera pas de le rappeler, et de s'indigner. Les Français seraient-ils protégés dans ce Parc où ils n'ont pas été battus depuis six ans et demi (0-1 contre l'Argentine, but de Kempès, le 18 mai 1974)? L'équipe de France, alors, est à la limite de la rupture. Platini n'est plus que l'ombre de lui-même et il est remplacé (74°) par le Monégasque Jean Petit. Huit minutes plus tôt, Zimako a pris la place de Lacombe. On craint le désastre mais on découvre que l'orgueil, le courage, la volonté, la solidarité ne sont pas seulement des caractéristiques irlandaises. L'équipe de France fait corps et va chercher au plus profond de ses membres la compensation à ses faiblesses. Quand Zimako, intelligemment mis sur orbite par Didier Six, marque un deuxième but inespéré (77e), c'est tout à la fois un immense soupir de soulagement et la récompense de vertus oubliées. Beaucoup d'observateurs font la moue après cette victoire (2-0) qu'ils estiment tirée par les cheveux. Michel Hidalgo rétorque, ajuste raison, que ce succès indispensable «n'est pas apprécié à sa juste valeur devant un rival coriace. » France-Football en conclut qu'il faut savoir s'adapter à ses capacités du moment : « ...On a trop dit [aux joueurs français] que le football était un jeu, pas un sport. Un art, pas un combat. Et qu'on pouvait, en jouant avec finesse et intelligence, éviter l'affrontement. Mais quand l'art, l'habileté, la précision, le raffinement des gestes, portés cependant comme en début de match à leur point culminant, ne suffisent pas, quand les réflexes et les possibilités physiques s'émoussent, il faut résister à des garçons élevés dans le culte de l'effort athlétique - et pas maladroits pour autant - que peut-on faire, sauf reculer ses limites, dénicher en soi des forces qu'on ignorait et refuser âprement de céder?...» Nos rivaux principaux, Belges, Hollandais, Irlandais, ne s'y trompent pas. Ils maudissent le score des Français - deux matches et un goal-average de 9-0 - qui risque de leur rendre la tâche difficile.


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Second Leg
14 October 81 
Lansdowne Road,
Dublin

Attendance 53000
Referee M. Ericsson


Eire : McDonagh ; Langan, Moran, O'Leary, Hughtorv; Martin, Brady (cap.), Whelan, Lawrenson; Stapleton, Robinson.
France : Castaneda ; Bossis, Mahut, Lopez, Janvion; Girard, Christophe, Larios, Platini (cap.); Couriol, Bellone.
Buts : Mahut contre son camp (5e), Stapleton (23') et Robinson (40e) pour l'Eire. Bellone (8') et Platini (82'') pour la France.
Remplacements : Stapleton par Givens (87e), Bellone par Six (62e) et Mahut par Bracci (70e). Avertissement : Brady.


 Michel Hidalgo est très sévère pour l'équipe de France apres la défaite contre la Belgique : « C'est une double déception : celle d'avoir été inférieur à l'adversaire et surtout celle d'avoir été inférieur à nous-mêmes. Nous jouons actuellement avec des béquilles, mais le mal est autant dans la tête que dans les jambes. En proie aux doutes, les joueurs se bloquent psychologiquement et glissent tout doucement vers la passivité. Je crois qu'il va falloir supprimer un certain bien-être et plus que jamais promouvoir la concurrence. J'aimerais qu'il y ait un peu plus de révoltes individuelles et moins de résignation devant la défaite. » Peut-on se révolter à Dublin, chez des hommes dont ce serait plutôt la vocation et qui ne répugnent jamais à donner le meilleur d'eux-mêmes sur un terrain de sport? À Bruxelles, Hidalgo avait offert à Hiard et Mahut leur première sélection. À Dublin, il en fait autant pour Girard, le demi bordelais et pour Bellone, l'ailier gauche monégasque, dans une équipe ainsi formée : Castaneda - Bossis, Mahut, Lopez, Janvion - Girard, Larios, Christophe, Platini -Couriol, Bellone. Explications de vote : Giresse et Battiston sont blessés, Six ne s'impose pas, Christophe a bien récupéré de sa blessure (fracture du rocher), Rust, Zambelli, Bracci (qui entrera en cours de match) figurent dans les vingt-deux. Lacombe et Pécout, comme à Bruxelles, ne sont pas là. Rocheteau pourrait y être mais il souffre d'une tendinite.

 «Dans un match comme celui qui nous attend, dit Hidalgo, nous savons qu'il faut tout mettre: les pieds, la tête et les entrailles.» Mahut met bien le pied, à la 3e minute, devant Stapleton, mais c'est pour dévier le ballon au fond de sa propre cage, sale coup né d'un ballon perdu par Janvion et d'un exploit de Robin-son (grand pont sur Lopez et centre). On pleure déjà misère quand, six minutes plus tard, sur une montée de Girard, Couriol dévie acrobatiquement sur Bellone lequel, vieux briscard à l'irlandaise du haut de ses dix-neuf ans et demi, contrôle le ballon en pivotant et fusille McDonagh du pied gauche. Le plus dur n'est pas fait car, face à une équipe d'Irlande qui allie engagement et circulation intelligente du ballon, l'équipe de France ne parvient ni à calmer le jeu au centre du terrain ni à porter rapidement le danger devant le but adverse. Elle est de surcroît terriblement gênée en défense par les permutations des avants irlandais et les plongées des demis. À la mi-temps, elle est menée 3-1, deux nouveaux buts de Stapleton (23e) et Robinson (40e) s'étant ajoutés à celui de Mahut.

Les Irlandais ont beaucoup donné physiquement et les Français ont mieux compris tactiquement. En fin de match, les Tricolores se créent plusieurs belles occasions, réduisent le score à 3-2 par Platini (83e) et égaliseraient par Six (90e) si le gardien McDonagh ne réussissait une étonnante détente-réflexe pour détourner le ballon. La situation du groupe éliminatoire n° 2 Europe - celui de l'Équipe de France - devient à la fois limpide et dramatique caries Irlandais ont pris un point à Rotterdam (2-2), la Hollande a écrasé la Belgique privée de plusieurs titulaires (3-0) et le classement est le suivant : 1. Belgique 11 points, qualifiée ; 2. Eire 10 pts (17-11 de goal-average, parcours terminé) ; 3. Hollande 9 pts et un match àjouer ; 4. France 6 pts, deux matches àjouer, 14-8 de goal-average ; 5. Chypre, 0 point. En battant la Hollande et Chypre, les Tricolores sont assurés d'aller en Espagne. On sait donc qu'ils vont tout jouer sur 90 minutes, le 18 novembre 1981, contre les diables oranges. Tous les Français habitent désormais le port de l'angoisse....

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