Selasa, 06 Maret 2012

European Cup 1991 1992 Barcelona Sampdoria

Final
20 May 1992
Wembley Stadium,
London
Attendance: 70,827
Referee: Aron Schmidhuber

 « Pour attaquer, il faut avoir le ballon. Si je l'ai plus souvent que l'adversaire, j'ai alors plus de chances de maîtriser la situation. Or, pour conserver le ballon, il faut que je sois le plus souvent possible dans le camp adverse. Ainsi, les joueurs de mon équipe sont plus proches les uns des autres et j'augmente les possibilités de passes. Sans compter qu'avec beaucoup de mes hommes dans la partie adverse, je peux multiplier les possibilités d'offensives franches et directes. Car, dos au but, chacun sait qu'un attaquant est forcément en état d'infériorité par rapport à un défenseur. » Voilà, pas très compliqué... En vérité, la méthode du Barça consiste à déployer son réseau offensif sur toute la largeur du terrain, de façon à éparpiller les défenseurs adverses et à les isoler au maximum en créant, à chaque fois, le surnombre. Pour parvenir à maîtriser ce système à la perfection, Johann Cruyff sait qu'il faut accélérer le jeu en multipliant les passes à une touche de balle. Habileté technique et vitesse d'exécution. 

Les voilà donc les recettes essentielles de la méthode Cruyff. Et pour que le jeu aille toujours plus vite, Cruyff n'a rien trouvé de mieux que de faire arroser la pelouse du NouCamp quelques minutes seulement avant le début de chaque rencontre. Comme l'entraînement du Barça se fait aussi dans ces conditions, cela a le double avantage de donner effectivement plus de vivacité au jeu, et de décontenancer l'adversaire. Décidément, Cruyff a oublié d'être naïf. Tout cela serait idéal avec des joueurs qui partagent vos idées et qui y adhèrent complètement. Pas évident lorsque votre effectif réunit une somme importante de talents façonnés ailleurs. Ainsi, pour imposer sa méthode, Cruyff doit se montrer d'une exigence extrême avec ses joueurs. Certains, comme les Espagnols, devront changer leurs habitudes, d'autres devront se couler dans le moule en oubliant qui ils étaient avant d'arriver. Le grand mérite de Cruyff est d'être toujours allé au bout de ses idées, contre vents et marées, contre l'immobilisme des dirigeants ou contre les récriminations de certaines stars. La vraie star du Barça, en fait, c'est lui.Pourtant, tous ces beaux principes ne seraient que fumée s'ils ne débouchaient sur la victoire. Pour qu'il ait raison, il faut que le Barça gagne à Wembley. Il faut venir à bout de la Sampdoria de Gênes qui a, au moins, un point commun avec son rival d'un soir : celui de ne jamais avoir remporté cette épreuve. La Samp, tombeur du Panathinaïkos, d'Anderlecht et de l'Etoile Rouge dans la poule A, face au Barça, maître incontesté de la poule B aux dépens du Dynamo Kiev, du Sparta de Prague et du Benfica de Lisbonne. Une finale à cent pour cent latine. Il y avait bien longtemps que cela n'était pas arrivé dans la Coupe des champions.

Un soleil doré rase les voûtes bouillonnantes de Wembley lorsque les deux équipes se rangent face à face. D'un côté, le Barça d'un Johann Cruyff amoureux du jeu offensif, de l'autre la Samp d'un Vujadin Boskov obsédé par la défense. L'un et l'autre, pourtant, réviseront leurs batteries avant le choc, le Néerlandais ajoutant un quatrième élément à sa ligne de défense, le Yougoslave laissant quant à lui la bride sur le cou à ses deux artistes Mancini et Vialli, tout en libérant complètement Lombarde de ses tâches défensives.C'est d'ailleurs celui-là, Attilio Lombarde, qui va occuper le devant de la scène pendant un long moment. Lombarde au four et au moulin, Lombarde ici et là, Lombarde au départ des actions et à leur conclusion. Il n'aura pas manqué grand-chose à ce chauve aux jambes torses pour faire basculer le sort de cette finale du côté génois. Un peu plus de réussite sans doute, mais aussi un peu plus d'inspiration de la part de Gianlucca Vialli et de Roberto Mancini. Car, à l'inverse de l'omniprésent Lombarde, ces deux-là ne seront jamais à la hauteur de leur réputation. Petit à petit, le jeu se met à appartenir aux Espagnols.Des Espagnols, certes un peu plus prudents qu'à leur habitude, mais des Espagnols qui commencent à marquer des points à défaut de marquer des buts. Car il faut bien le dire, toute la première mi-temps ne servira qu'à mettre les deux gardiens en vedette. Zubizaretta pour le Barça, Pagliuca pour la Samp. Tour à tour, l'un puis l'autre repoussent, arrêtent ou rejettent tous les ballons qui naviguent devant eux.

Il manque ce but qui patine d'or la plus anonyme des pièces d'orfèvrerie. On croit la dénicher au hasard d'un festival de Salinas, d'un déboulé de Stoïchkov mais, à chaque fois, la main gantée de noir de Pagliuca fait office de repoussoir. Le Barça retrouve son âme en affirmant ses vertus offensives mais la Samp lui oppose des réactions sporadiques au bout desquelles l'invraisemblable maladresse de Vialli permet aux Espagnols de croire de plus en plus en leurs chances. Quand, au bout d'une heure, Laudrup, d'un trait de génie, met Stoïchkov sur sa rampe de lancement, on se met à craindre le pire pour l'équipe italienne. Le Bulgare, en effet, se décale sur la droite et attend la sortie de Pagliuca pour placer le ballon... sur le poteau. Cette fois, Pagliuca se déchire, mais le tir du Bulgare se dévisse. Ça ne fait rien, le match est lancé. Comme dit l'autre, le jeu vient de tuer la tactique.Personne n'a le temps de s'ennuyer. On guette Stoïchkov, on redécouvre la magie de Vialli. Mais l'un et l'autre ont, semble-t-il, ciré leurs chaussures, ce soir là, avec le noir de la poisse. 

 Ils useront ainsi le temps réglementaire pour astiquer leurs espérances au hasard des prolongations. Vialli sortira tandis que l'arbitre allemand, M. Schmidhuber, jouera, lui, le rôle du notaire qui décacheté le testament pour faire du Barça le légataire de cette finale. Il siffle, en effet, une faute vénielle d'Invernizzi pour avoir joué à terre. Le coup franc est interdit mais, à vingt-cinq mètres environ des buts génois, il est une occasion en or pour Ronald Koeman, le canonnier numéro un d'une équipe espagnole qui sait alors qu'elle va gagner. Quand Koeman frappe, le mur italien se fissure, et la balle déchire l'air du soir pour aller se figer pour l'éternité dans les filets de Pagliuca. Ça y est, la Coupe des champions est pour Barcelone. Un exploit qui fait aujourd'hui la fierté de tout le peuple catalan, mais un exploit aussi que toute l'Espagne attendait depuis 1966, date du dernier triomphe madrilène dans cette compétition.Ainsi, l'histoire du football, qui cultivait le paradoxe de n'avoir jamais couronné en champion ce Barça de légende, rectifie sa longue ignominie. Désormais, le plus grand des grands clubs d'Europe peut s'emparer d'une couronne ciselée pour lui.Maintenant, les 110 000 socios du Barça peuvent bien l'ériger, cette statue à la gloire de Johann Cruyff. Le Nou Camp ne peut décidément plus se passer de lui.




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