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Senin, 30 April 2012

Money Time 2011 2012 : Real Madrid Fc Seville

29 April 2012 
Santiago Bernabéu,
Madrid

Referee: Antonio Miguel Mateu Lahoz
Attendance: 75000 


 On attendait une réaction, elle a bien eu lieu. Eliminé par le Bayern Munich mercredi soir en demi-finales de la Ligue des Champions, le Real Madrid a repris sa marche en avant en dominant le FC Séville sur sa pelouse de Bernabeu (3-0). Sans forcer, les Merengue signent un 29e succès en Liga, qui les rapproche encore un peu plus du titre suprême. Avec un doublé de Benzema et une réalisation de Ronaldo, la bande à Mourinho peut même être sacrée ce dimanche si Barcelone venait à s'incliner face au Rayo Vallecano.

Face à des Sévillans privés de nombreux joueurs et notamment du Français Julien Escudé, le leader du championnat a connu un retard à l'allumage, avant de se réveiller grâce à un but de Cristiano Ronaldo, son 43e en Liga, qui mystifiait Coke après un bon décalage de Karim Benzema à l'entrée de la surface (1-0, 19e). Malgré l'ouverture du score des Madrilènes, Séville restait dans le coup, mais manquait cruellement de réalisme dans la zone de vérité. Que ce soit par Reyes (26e), Navas (27e) ou Negredo (29e), les Andalous butaient sur un Casillas d'une sérénité implacable. Et quand on ne concrétise pas ses actions à Bernabeu… La sentence est immédiate. Après une nouvelle occasion en or de Negredo (48e), le Real se permettait de faire le break quasiment dans la foulée avec un but de Benzema qui profitait de la faiblesse de Coke pour tromper Varas (2-0, 49e). Trois minutes plus tard, Sergio Ramos trouvait le Français, qui plaçait une tête imparable pour alourdir la note (3-0, 52e). Facile, efficace et largement supérieur, le Real Madrid se contentait de gérer son avance face à des Sévillans étouffés par autant d'aisance. Le public de Bernabeu pouvait entonner des «Campeones, campeones» (Champions, champions) dans le dernier quart d'heure et fêter allègrement ce nouveau succès après la désillusion de la Ligue des Champions. Car tout le monde en est conscient, c'est bien le futur champion qui s'est imposé ce dimanche.  



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Rabu, 25 April 2012

European Cup 1987 1988 Real Madrid Bayern Both Legs

  Le Real Madrid et le Bayern de Munich sont chien et chat. Jamais ils ne se sont rencontrés sans fureur ou extravagance. Latins d'un côté, Germains de l'autre, ils ont toujours mis dans un pot commun les éléments pervers de leur fichu caractère avant de se le jeter à la tête. Brandissant leurs différences, leur fierté nationaliste, leur ambition, ils se sont régulièrement déchirés, le Real Madrid faisant régulièrement les frais du combat comme en demi-finale de la compétition 86-87 (1-4, expulsions de Juanito, Miro, 1-0). Lothar Matthàus n'est pas le dernier à utiliser la provocation au milieu de son arsenal de qualités. C'est lui qui, en commettant une faute contre l'esprit du jeu, la saison précédente, avait fait disjoncter Juanito, dont chacun sait qu'il est aussi sensible qu'une allumette sous le soleil de juillet. Le capitaine du Bayern, au moment du quart de finale contre le Real, a déjà signé pour l'inter de Milan où un contrat plantureux l'attend. Il a oublié les paroles blessantes de son ancien entraîneur Lattek après la finale européenne perdue devant Porto ("à la place de Matthaus, je me cacherais"), et il a noué le contact avec Jupp Heynckes, nouveau technicien du club bavarois. Le Bayern joue bien, marque beaucoup de buts (cinquante-deux en vingt et un matches de championnat), mais prend trois fois plus de buts que Werder Brème, leader national et futur champion 88.

 Il existe, en effet, un problème défensif au Bayern, l'entraîneur n'ayant pas fait un choix définitif pour le poste de libero entre Augenthaler, plus athlétique, et Nachtweih. plus technique. Au match-aller, à Munich, devant 70 000 spectateurs, Nachtweih tient le balai et Augenthaler, en demi, a passé le tablier de forgeron. Le Real passe un sale quart d'heure et même plusieurs sales quarts d'heure, à tel point qu'il est pratiquement éliminé à cinq minutes de la fin sur le score de 3-0. Il a tenu honnêtement la route pendant quarante minutes, avec des hauts et des bas et puis il a craqué. Pflugler a frappé (40e, 1-0) puis Eder qui, sur une passe lumineuse de l'Ecossais Mark Hughes (engagé à l'intersaison), a porté le score à 2-0. "Nous avions alors le sentiment d'une terrible injustice", dira Sanchis. L'injustice s'aggrave trois minutes après la reprise lorsque le Real, à peine replacé sur le terrain, encaisse un troisième but de Wohlfarth. Pour tout le monde, le Real est mort, sur un scénario identique à celui de l'année précédente. Car le Bayera tient le jeu et on ne voit pas comment, à Madrid, avec la solidité de son équipe, il pourrait craquer. Il reste cinq minutes à jouer environ au Stade Olympique. Norbert Eder, à trente-deux ans, en connaît un rayon sur les passes en retrait : il a même joué une finale de Coupe du monde inespérée en 1986 à Mexico. Il fait donc une passe en retrait à Pfaff et sent bien que la boule de chewing-gum a collé à sa chaussure. Butragueno le vautour s'est déjà élancé. Le ballon est au fond des filets bavarois, sale coup pour la fanfare. Il reste à peine deux minutes maintenant. Le Real fait bouillir la cocotte. Côté gauche, pas loin de la ligne de but, Hugo Sanchez tire un coup franc. Pfaff scrute le centre. Et le Mexicain tape directement. Balle sous le ventre de l'acrobate (89e, 3-2) et retour dans la course d'un condamné nommé Real.

 L'histoire est invraisemblable. Les glorieux anciens, Maier, Beckenbauer, Roth, Millier, se regardent et sont bien d'accord. Mais c'est Augenthaler qui le dit au vestiaire : "L'équipe des années soixante-dix ne se serait pas laissé remonter." "C'est entièrement de ma faute", admet franchement Pfaff Mais personne ne lui dit rien. "Nous gagnons ensemble. Nous encaissons ensemble. Solidaires !" (Brehme). Le match-retour, malgré l'importance de l'enjeu, pourrait être une fête. Mais la peur d'avoir jjjsoué de perdre la qualification et de risquer de la pérore encore pour le Real, la peur de voir s'envoler le maigre avantage qui lui reste et l'inquiétude de ne pas avoir su garder son trésor pour le Bayern déclenche une ambiance détestable. Inquiétante. Annonciatrice d'autres drames demain. La provocation naît avant même le coup d'envoi. Une alêne à la bombe a réveillé les... Madrilènes dans leur hôtel. Des hélicoptères tournoient dans le ciel. Des chiens détecteurs d'explosifs reniflent les spectateurs. C'est la petite guerre, en attendant la vraie guerre. "Les joueurs du Bayern sont des provocateurs. Attention !" ajoute Léo Beenhakker. Pendant vingt minutes, c'est l'angoisse au Stade Bernabeu. Le Real est obligé de défendre contre une équipe du Bayern superbe, déterminée, élargissant le jeu et utilisant les ailes. 

 Si l'arbitre belge M. Ponnet sanctionnait d'expulsion la scandaleuse agression de Camacho sur Wohlfarth qu'il a pratiquement coupé en deux (13e minute), s'il ne tolérait pas deux ou trois autres actes d'anti-jeu intolérables, le Bayern, vraisemblablement, s'épanouirait et cueillerait les rosés de son investissement. Mais M. Ponnet est là et le Real a sorti ses pieds de fonte. Le Bayern y regarde à deux fois avant d'essayer de prendre les chemins de l'évasion. Matthà'us a craché sur ses crampons, le carton jaune a suivi. Jankovic, le génial train de marchandises qui ne brûle pas un feu rouge mais ne manque aucune gare, a marqué (26e). Le Bayern s'affole. Michel marque encore (40e. 2-0). A partir de là, l'entrée de Michael Rummenigge à la place de Winklhofer (51e) — un attaquant de plus — le loupé magistral de Hughes devant la cage madrilène, la chasse à courre sur Hugo Sanchez (qui a inscrit ses crampons sur les côtes de Pfaff), les six cartons jaunes distribués de ci. de là, le sauvetage de Chendo sur sa ligne et le tir frôlant de Rummenigge ne relèvent plus que de l'anecdote. Il ne reste que la sentence, celle de Beenhakker : "Le spectacle était dans la tension. La Coupe d'Europe ne favorise pas les matches artistiques."


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Quarter Final
First Leg
02 march 1988
Olympiastadion,
Munchen

Referee: Paolo Casarin 

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Quarter Final
Second Leg
16 march 1988
Estadio Santiago Bernabéu,
Madrid

Referee: Alexis Ponnet

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FC BAYERN MUNICH (ALE) - REAL MADRID CF    3-2
Goals:    1-0 Pflüger 40´; 2-0  Eder 43´; 3-0  Wohlfarth 48´; 3-1 Butragueño 84´ ; 3-2 Hugo Sánchez 89´.
BAYERN MUNICH, 3; Pfaff, Flick, Nachtweith, Eder, Augenthaler, Pflugler, Matthaus,  Brehme, M. Rummenige, Wolhart, Hughes.
REAL MADRID CF, 2; Buyo, Chendo, Sanchís, Tendillo, Camacho, Michel, Gallego,  Martín Vázquez, Gordillo, Butragueño, Hugo Sánchez.

REAL MADRID CF - FC BAYERN MUNICH (ALE)    2-0
Goals:    1-0 Jankovic 28´; 2-0 Michel 40´.
REAL MADRID CF, 2; Buyo, Chendo, Sanchís, Tendillo, Camacho, Michel, Jankovic, Gallego, Gordillo, Butragueño (Solana 90´), Hugo Sánchez.
BAYERN MUNICH, 0; Pfaff, Winklhofer (Rummenige 55´), Eder, Aughentaler, P. Flügler,  Flick, Mattäus, Brehme, Kögl (Eck 69´), Wohlfarth, Hughes. 







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European Cup 2011 2012 Real Madrid Bayern München

Semi Final,
Second Leg
25 avril 2012
Santiago Bernabéu,
Madrid

   Battu sur le fil à l'Allianz Arena (2-1), le Real Madrid aborde pourtant sa demi-finale retour face au Bayern Munich avec confiance. La victoire lors du Clasico est passée par-là. Les Merengue veulent plus que jamais tout dévorer. «Nous savons que l'enfer nous attend». La phrase est signée Karl-Heinz Rummenigge, président du conseil d'administration du Bayern Munich. Même si Mario Gomez reconnaît que le Bayern n'a «pas peur», les Bavarois savent pertinemment qu'ils vont souffrir mercredi soir. 


Dans un Santiago Bernabeu chauffé à blanc, c'est un Real Madrid euphorique qu'ils vont retrouver. Depuis le match aller perdu à Munich (2-1), les Madrilènes se sont adjugés le Clasico en domptant le FC Barcelone au Nou Camp (1-2). A 4 journées de la fin, Ronaldo et consorts ont désormais 7 points d'avance sur leur rival. La Liga ne peut sauf catastrophe plus leur échapper. Il s'agit maintenant de faire main-basse sur la Ligue des Champions. Avec une confiance à son paroxysme. Tous les Madrilènes ont d'ailleurs appelé le public à transformer Bernabeu en un cratère près à exploser pour l'occasion : «La foule est appelée à jouer le rôle le plus important dès que nous entrons sur le terrain parce que nous pouvons la sentir. Les choses se passeront bien pour nous si nous sommes unis», a d'ores et déjà annoncé Cristiano Ronaldo. José Mourinho devrait aligner la même équipe qu'au match aller. A moins que Fabio Coentrao, en grande difficulté face à Arjen Robben, ne cède sa place à Marcelo dans le couloir gauche.

Côté munichois, cette Ligue des Champions représente le dernier vrai objectif de la saison (Ndlr : Le Bayern doit également disputer la finale de la Coupe d'Allemagne le 12 mai prochain face au Borussia Dortmund). Les Bavarois, malgré leur victoire à Brême (1-2), ont dû déposer les armes dans la course au titre de champion d'Allemagne, une nouvelle fois attribué à Dortmund. Débarrassé du stress lié aux joutes nationales, le Bayern n'est plus qu'à un match de son rêve : disputer la finale de la Ligue des Champions à domicile, à l'Allianz Arena. Oublié la bagarre Franck Ribéry-Arjen Robben à la mi-temps du match aller, occulté le mauvais souvenir du dernier déplacement à Bernabeu avec une défaite en finale face à l'Inter Milan d'un certain… José Mourinho (0-2), Munich doit faire le vide et ne retenir que le positif à l'orée de ce déplacement capital. Avec un petit but d'avance et surtout le désavantage d'avoir encaissé un but à la maison, le Bayern ne part clairement pas favori. Mais gare à l'excès d'optimisme côté madrilène…

 Cristiano Ronaldo (attaquant du Real Madrid) : «Le match sera une bataille jusqu'à la fin. Il sera chargé d'adrénaline et nous sommes excités à l'idée de disputer une telle rencontre. Le Bayern est une grande équipe et nous sommes conscients qu'il s'agira d'un adversaire coriace. Nous avons perdu à l'aller (2-1) et nous devons gagner à la maison dans un match crucial. Ce sera un match difficile mais je suis plein d'espoir». Franck Ribéry (milieu de terrain du Bayern) : «Depuis le match à Brême (2-1), on sent que la pression monte. Nous nous préparons dans la sérénité. Si nous parvenons à maintenir le niveau de jeu que nous avons montré à l'aller, on fera quelque chose de grand. Mais nous avons conscience que ce sera très difficile. Les Madrilènes sont très costauds. Dès le coup d'envoi, ils vont sans doute se jeter vers l'avant et attaquer à tout-va». (L'Equipe)






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Senin, 23 April 2012

Uefa Cup 1985 1986 Final Real Madrid Fc Köln Both Legs

  Le Real Madrid n'a de problèmes, ni de jeunesse, ni d'argent. Berceau et creuset du football espagnol, compétiteur fervent de la tradition, émanation d'une structure exemplaire bâtie sur la possession de ses biens (stade, siège, cité sportive), la participation des socios-abonnés, la gestion et une stricte administration, il est, avec Barcelone, Naples, la Juventus, Manchester United, Feyenoord et quelques autres, l'un des clubs les plus puissants du monde. Il l'a prouvé en conquérant - record absolu - six Coupes d'Europe des Clubs Champions, une Coupe de l'U.E.F.A., et en jouant quelques autres finales (trois en C,, deux de C2). Le Real Madrid n'allait pourtant pas très bien, ces dernières années, atteignant même le fond durant la saison 1984-1985, ce qui, avec lui, ne va jamais très profond. Il avait alors appelé son homme-fétiche, Luis Molowny, un ancien joueur de talent recouvert! en technicien-manager. Quatre fois, Molowny a repris la barre en cours de saison, succédant à Munoz, Miljanic, Boskov et Amancio et, à chaque fois, remettant le bateau en ligne. En 1985-1986, le Real Madrid creuse sa route sans faiblesse avec une attaque à trois pointes qui, il est vrai, n'a pas d'équivalent : Valdano l'Argentin, futur champion du monde ; Hugo Sanchez le Mexicain ; Emilio Butragueno le petit prodige espagnol, sans oublier les deux glorieux anciens et réservistes Juanito et Santillana, le feu-follet fou et le buteur monté sur ressorts. 
 
 En championnat d'Espagne, le Real écrase tous ses concurrents, ne connaissant pas la défaite avant d'avoir conquis mathématiquement le titre. Et, en Coupe de l'U.E.F.A., il réserve à ses hôtes de Chamartin des traitements qui laissent de cuisants souvenirs. Ainsi, après avoir éliminé AEK Athènes (0-1, 5-0) et Chernomoretz Odessa (2-1, 0-0) aux premiers tours, le Real s'est fait piéger à Moenchengladbach sur un score qui semble sans appel : 1-5. Au retour, avec l'appui de son public, de sa fureur de vaincre toujours recommencée et de son vétéran Santillana, il réussit le score idéal, à la minute près : 4-0, buts de Valdano (5e, 19e) et de Santillana (77e, 89e). On crie au miracle mais, avec le Real, le miracle sonne toujours deux fois. Après avoir éliminé Neuchâtel Xamax, club de Gilbert Gress et de Stielike (3-0 mais 0-2 en Suisse), en quart de finale, les lions de Castille se retrouvent encore en position délicate, battus qu'ils sont à San Siro par un Inter de Milan agressif et sûr de soi (3-1, deux buts de Tardelli, un autre de Salguero contre son camp). Ils rugissent à nouveau, réussissent un 3-1 durant le temps réglementaire (Hugo Sanchez sur deux penalties, 44e, 75e ; Gordillo, 63e) et impulsent un 5-1 en prolongation (Santillana, 93e, 107e).

Ainsi lancés comme des avions, ils semblent inarrêtables, même devant un finaliste comme Cologne qui compte Schumacher, Klaus Allofs et Littbarski dans ses rangs et qui a éliminé successivement Gijon (0-0, 2-0 Bohemians Prague (4-0,4-2), Hammarby (1-2 3-1), Sporting Lisbonne (1-1, 2-0) et Waregem (4-0, 3-3). Dans ces deux matches, Allofs a inscrit la bagatelle de cinq buts ce qui, avec trois autres buts dans les tours précédents et un supplémentaire contre le Real en finale, va faire neuf et lui donner la couronne (toute platonique) du meilleur buteur de C3. Le neuvième but de Klaus Allofs, marqué à Chamartin (30e minute) est le premier de la finale aller. Il déclenche, chez les Allemands, les baisers de la passion et, chez les lions de Castille, ce qui était à craindre, une réaction d'enfer : cinq buts de folie et de nulle part, acquis à l'instinct après d'irrésistibles poussées collectives par Hugo Sanchez (37e), Gordillo (43e), Valdano (51e, 85e) et... Santillana (90e). Le trophée est acquis mais, au match-retour, dans son fief, le F.C. Cologne tente le tout pour le tout dans un style abrasif qui est celui des faibles. Hugo Sanchez y laisse un bout de genou (qui lui fera perdre trois semaines dans sa préparation du Mundial), Cologne marque deux buts (Bein, 23e ; Gellenkirchen, 72e) mais force reste aux Madrilènes. Les statisticiens sortent leur règle à calcul. Le Real vient de gagner sa huitième coupe européenne, de participer à sa treizième finale, déjouer son 103e match européen (83 victoires et 11 nuls en 21 participations) et de marquer son 324e but (contre 71 encaissés). Il est grand, le Real. Il est beau. Et ses dents sont de lion plus acérées que le bec de notre canari. Mais notre canari de Loire chante si bien quand il se prend pour un aigle..



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First Leg,
30 April 1986
Santiago Bernabéu,
Madrid
Referee: Mr Courtney

Goas: 0-1 29 ´ Klaus Allofs; 1-1 38´ H. Sánchez; 2-1 42´ Gordillo; 3-1 52´ Valdano; 4-1 85´ Valdano; 5-1 90´ Santillana
REAL MADRID CF, 5; Agustín; Salguero, Solana, Camacho; Martín Vázquez (Santillana 81´), Míchel, Juanito, Gordillo; Butragueño, Sánchez, Valdano.
FC KÖLN, 1; Schumacher; Geils, Gielchen, Steiner, Prestin; Geilenkirchen, Hönerbach; Bein (Hässler 70´), Janssen; Littbarski (Dickel 83´), Klaus Allofs.



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Second Leg
5 May 1986
Olympiastadion,
Berlin
Referee: Mr  Valentine

 Goals:    1-0  Bein 22´;  2-0 Geilenkirchen 72´.
 FC Koln, 2;Schumacher; Prestin, Gielchen, Geils (Schmitz 83´); Geilenkirchen,Steiner, Bein, Hönerbach, Bein; Janssen (Pisanti) 60´, Littbarski, Allofs.
Real Madrid, 0;Agustín; Chendo, Maceda, Solana, Camacho; Míchel, Gallego, Valdano,Gordillo; Butragueño (Juanito 88´), Hugo Sánchez (Santillana 20´)(Coach: Luis Molowny)


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European Cup 1987 1988 Real Madrid Porto Both Legs

  Porto, champion d'Europe 1987 grâce au magicien Madjer (souvenez-vous de sa talonnade) est un gros gâteau partagé en plusieurs parts au début de la saison 87-88. Son entraîneur Artur Jorge, considéré comme le détonateur de l'aventure, a été engagé par le Matra-Racing à un salaire de ministre (américain), deux cent mille francs par mois, dit-on. Paolo Futre, le dribbleur électronique, n'a pas pu résister aux millions de pesetas brandis par Jésus Gil (qui n'est pas un saint) et l'Atletico de Madrid. Son club non plus d'ailleurs, qui touche nettement plus d'un milliard de centimes pour conclure l'affaire. Madjer lui-même est démangé par l'horizon, en contact avec le Bayern, Tinter, Barcelone, les autres. L'ambiance, à Porto, est à la dispersion des hommes et des idées. Heureusement pour Porto, ses dirigeants engagent le technicien yougoslave Ivic qui, s'il n'a pas l'adhésion et le quorum chez tous les gens du spectacle, est un homme de football, un renard, un pragmatique. Ivic n'a pas besoin de dessin pour comprendre qu'il a en main un effectif exceptionnel dont il loue de bon cœur la valeur : "Je n'ai jamais entraîné d'équipe aussi parfaite du point de vue technique... Magnifique ambiance et remarquable esprit de groupe." Cette opinion flatteuse se traduit dans les faits avec une invincibilité de huit matches en championnat du Portugal (Porto réalisera le doublé national 1988) dont un 7-1 sur Belenenses (trois buts de Madjer) et une qualification sans problème en Coupe d'Europe devant le champion de Yougoslavie, Vardar (3-0, deux buts de Madjer, un de Souza ; 3-0, buts de Sousa, Magalhaes, Madjer). L'ennui, pour Porto, ce n'est pas sa valeur du moment (le club va être sacré champion du monde des clubs, ce que n'a jamais réussi Benfica). c'est le fait d'avoir à rencontrer prématurément, en huitième de finale, le Real Madrid. Que ça n'amuse pas non plus, pour plusieurs raisons. Sportivement d'abord avec le risque (une chance sur deux) de disparaître. Financièrement ensuite à cause de l'obligation à lui faite par l'U.E.F.A. d'aller joueur à trois cents kilomètres au moins de ses bases : ce déplacement à Valence, ajouté au match précédent à huis clos contre Naples, entraîne un manque à gagner de trois cents millions de pesetas (quinze millions de francs).

Le match de Valence a lieu en premier avec une confiance totale de l'entraîneur madrilène Beenhakker, due aux huit victoires de son équipe dans les huit premiers matches du championnat d'Espagne avec ce goal-average ahurissant de 32-2 (neuf buts de Sanchez, cinq de Michel, cinq de Manolo, etc.). "Sincèrement, dit Beenhakker, je ne vois actuellement aucune équipe susceptible de nous faire toucher les épaules. Mes hommes atteignent une maturité exceptionnelle et ils jouent les yeux fermés." Le 21 octobre 1987. dans un océan bouillonnant de drapeaux blancs (52 000 spectateurs à Valence), le F.C. Porto affiche une totale sérénité. Son milieu de terrain Magalhaes-Frasco-Rui Barros-Sousa fait courir la balle et Madjer. en pointe, donne des sueurs froides à l'arrière-garde espagnole dès qu'on la lui confie. La preuve : il ouvre le score à la 58e minute et quitte le terrain sur cet avantage, remplacé par Juary, à onze minutes de la fin. En onze minutes, avec le Real, il peut se passer beaucoup de choses. En neuf aussi. Sous la sublimation soudaine de l'équipe espagnole, dans le vent de folie soufflant sur Mestalla, le champion Porto perd sa maîtrise tactique et son habileté manœuvrière. Et deux exaspérations de la collectivité madrilène aboutissent à deux buts de Hugo Sanchez (81e) et de Sanchis (90e). L'inimitable Real a renversé une nouvelle fois la vapeur et Madjer, sans le dire trop crûment. souligne tout de même qu'à "Porto aussi, l'erreur est humaine. Un seul instant d'inattention et pfff ! tout s'envole..." Porto a cependant fait une telle impression et se montre si brillant chez lui qu'on lui accorde plus de cinquante pour cent des pronostics pour la qualification. 


Cette tendance est confirmée rapidement. Porto marquant par Sousa à la 23e minute et tenant en respect le duo d'attaque madrilène Butragueno-Sanchez. Ce match, comme le premier, est un affrontement de titans, dans lequel le Real, malgré les blocages imposés par l'adversaire, développe un jeu cohérent, varié, constamment engagé vers le but adverse. Ce n'est pas suffisant, et Léo Beenhakker l'a compris. A la reprise, il remplace un milieu de terrain par un attaquant supplémentaire, en l'occurrence le jeune Llorente, neveu de Francisco Gento, seul homme au monde à avoir fait mieux que Di Stefano et à compter six Coupes d'Europe des Clubs Champions dans sa vitrine (1956, 57, 58, 59, 60, 66). 

 Gento, surnommé "la Boule de feu", était un fulgurant, un étincelant ailier spécialiste des échappées plein couloir et des centres tendus. A son époque, il n'était pas le seul (Moulijn à Feyenoord, notamment) mais, au fil du temps, l'arme classique avait été abandonnée au profit (ou au débit) d'autres systèmes, 4-3-3, 4-4-2, 4-5-1. 5-5-0. Tout d'un coup, avec Llorente, boule de feu numéro deux, les anciens écarquillent les yeux. Se seraient-ils, par magie, trompés de décennie ? Auraient-ils appuyé sur le bouton imprévu ? Llorente zèbre son aile gauche d'éclairs fulgurants, plus technicien que tonton, et remet soudainement à la mode le vieux tru.c des centres en retrait qui désarçonnent la défense la mieux structurée. Porto n'a pas l'habitude, malgré l'exemple d'Ajax 1987 qui, sous la direction de Johan Cruyff, avait laissé entrevoir cette forme de libération et d'ouverture offensives. Llorente a donc centré et Michel a frappé (54e, 1-1). Puis il a centré encore et Michel a frappé de nouveau (70e, 2-1). Puis il a insisté et Gordillo a frappé la barre. Porto est au fond de l'eau et le Real a droit à une médaille. Dans ces huitièmes de finale, on ne craignait guère pour Bordeaux appelé à rencontrer les Norvégiens de Lillestrôm, eux-mêmes désireux de faire un beau voyage et de s'enrichir les papilles gustatives en Médoc ou en Sauternais. Mais les Bordelais connaissent mille tourments en Norvège au cours d'un match affligeant : tête de Touré sur sa propre barre (24e), tir de Haberg à quelques centimètres d'un poteau bordelais (89e). Les critiques sont vives et difficilement acceptées par les intéressés : "On nous traite comme du poisson pourri, dit Girard. Si nous écrasons Lillestrôm au retour par 1-0, ce sera très bien." C'est donc très bien, Bordeaux réussissant ce score "idéal" devant 15 500 spectateurs grâce à un but de Ferreri... qui s'est aidé de la main (40e). Bayern, Real, Porto sont rejoints, pour les quarts de finale, par Benfica (0-0. 1-0 devant Aarhus), Glasgow Rangers (3-1. 1-1 devant Gornik), Anderlecht (2-1, 1-0 devant Sparta Prague), P.S.V. Eindhoven (2-1, 2-0 devant le Rapid de Vienne) et Steaua Bucarest (3-1, 2-0 devant Omonia Nicosie). Il y a eu des morts sur le parcours, mais il reste du beau monde...

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REAL MADRID CF - FC OPORTO (POR) 2-1
Goals:    1-0 Madjer 59´, 1-1 Hugo Sánchez 81´, 2-1 Sanchís 90´.
REAL MADRID CF, 2; Buyo, Chendo, Tendillo, Sanchís, Solana, (Santillana 69´), Michel, Jankovic, Martín Vázquez (Llorente 59´), Gordillo, Butragueño, Hugo Sánchez.
FC OPORTO, 1; Mlynarczyk, Pinto, Celso, Geraldao, Inacio, Magalhaes, Frasco, André,  Sousa, Madjer (Juary 82´), Rui Barros (Jaime Pacheco 69´).

FC OPORTO (POR) - REAL MADRID CF 1-2
Goles:    1-0 Sousa 23´,  1-1 Michel 34´, 2-1 Michel 70´.
FC OPORTO, 1; Mlynarczyk, Joao Pinto, Sernedo, Geraldao, Inacio, Frasco, André, Magalhaes (Jorge P. 66´), Sousa, Rui Barros (Eduardo L. 35´). Madjer.
REAL MADRID CF, 2; Buyo, Chendo, Tendillo, Sanchís, Solana (P. Llorente 45´), Michel, Jankovic, Martín Vázquez, Gordillo, Butragueño (Camacho 85´), Hugo Sánchez.

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